Le low code est-il une menace pour les développeurs ?

Le low code est-il une menace pour les développeurs ?

Par Frédéric MICHEL

Le développement d’applications est un processus qui peut être à la fois complexe et long :

● Complexe car il est composé d’étapes multiples qui peuvent se répandre sur différents services IT et impliquer plusieurs parties prenantes (métiers, clients, …) ;

● Long car sans oublier les délais toujours importants relatif à la synchronisation des différentes équipes, ils sont composés d’activités itératives telles que la réalisation de tests et d’ajustements avec un seul objectif : que la qualité soit au rendez-vous.

Depuis les débuts de l’informatique, les développeurs ont remarqué que les problématiques étaient bien souvent les mêmes. Afin d’éviter de réinventer la
roue à chaque fois, ils standardisent des motifs de conception, des bibliothèques de composants et les réutilisent ainsi pour gagner du temps avec toujours le même maître mot : la qualité.

De nombreux éditeurs se sont spécialisés dans la mise à disposition d’outils censés se substituer, en partie du moins, aux travaux des développeurs. Les AGL (Ateliers de Génie Logiciel) désignent un ensemble de programmes informatiques permettant eux-même de produire des programmes de façon industrialisée.

Le low-code comme renfort au rôle du développeur

Pour autant, ces outils n’ont jamais remplacé le développeur. En revanche, ces outils ont renforcé son rôle en lui permettant de :

● réduire la quantité de code à écrire en s’appuyant sur des connecteurs ou des bibliothèques de composants réutilisables ;

● accroître la productivité par la mise à disposition d’outils d’automatisation tests, de corrections à la volée de lignes de code ;

● se concentrer sur la valeur business de l’application en déléguant les tâches répétitives aux outils ;

● standardiser les méthodes de développements et la conduite des projets ;

Plus récemment, le low-code s’est nourri de ces différents concepts pour cibler un public plus large avec la promesse de réaliser rapidement, efficacement et pour le futur un code avec toute une gamme d’applications, de la solution logicielle simple au projet complexe.

Le low-code peut donc être vu comme un outil aux multiples facettes qui apportent des bénéfices à l’ensemble du cycle de développement, de conception à l’exploitation.

Une productivité accrue ...

Dans le contexte actuel de “transformation digitale” qui offre à chaque société l’opportunité de devenir un acteur numérique, chaque employé est amené à apporter sa contribution.

Accroître la productivité, l’agilité et l’efficacité opérationnelle, à tous les niveaux de l’entreprise grâce aux nouvelles technologies, telle est la promesse alléchante de cette « révolution numérique ».

Mais derrière ces bénéfices annoncés, quelles sont les conséquences en matière de création informatique ? Le rôle du développeur informatique va-t-il évoluer ? Développer sans coder, est-ce (enfin) possible ? Quelles sont les nouvelles alternatives au code ? Est-ce la fin annoncée du développeur informatique tel que nous le connaissons ?

Les missions traditionnelles des équipes IT se concentrent essentiellement sur la mise en oeuvre et l’administration de systèmes critiques tels que les ERP, les sites internet,intranet ou encore des applications métiers.

... et une réponse au shadow IT ?

Aujourd’hui, la réalité est telle que la digitalisation des entreprises se traduit notamment par l’augmentation de la demande des métiers en termes d’applications et de nouvelles fonctionnalités. Les départements IT font souvent face à un backlog de demandes qui grandit à vue d’oeil en conséquence : d’où le phénomène de « shadow IT » qui s’est fortement amplifié ces dernières années.

Toutefois il ne résulte pas d’une mauvaise volonté de la part des employés.
Ces derniers sont surtout motivés par l’idée de gagner en efficacité, sans «perdre de temps à obtenir l’aval des services informatiques».

Pour autant, développer soi-même une application ne doit pas être pris à la légère. Le développement d’application fait appel à des compétences disciplinaires poussées (logique de développement, ergonomie…) qui requièrent une certaine expertise. Les développeurs sont d’ailleurs issus de Grandes École d’Ingénieurs et ont suivi des cursus étroitement liés à l’architecture logiciel et la programmation.

Historiquement, les seuls développements d’applications d’entreprise issus du métier se limitaient souvent à des initiatives personnelles à base de Microsoft Excel ou Access et concernaient tout au plus un groupe très limité d’utilisateurs

Le low-code résolument destiné aux développeurs

Avec l’essor du « citizen development », le slogan « développez sans coder » n’a jamais été aussi proche de la réalité.

Les principaux bénéfices ?

● une meilleure compréhension des besoins métiers (vertu du « do it yourself ») ;

● des solutions sans code plus facile à maintenir et moins chères à concevoir ;

● un meilleur time-to-market dans le déploiement des applications ;

● une meilleure diffusion des innovations technologiques dans les départements métiers.

Une plateforme low-code telle que celle d’OutSystems vise résolument un public de développeurs-constructeurs d’applications.

Pour autant, ces plateformes requièrent une solide culture technique, en particulier une bonne compréhension des briques applicatives et les interactions entre ces dernières.

Le développement sans code demande du temps, une formation et surtout des règles de gouvernance claires.

Ces outils ne remplacent donc pas le code et reposent eux-même sur du code.

Il reste quasi-impossible de réaliser une application moderne, engageante et personnalisée sans passer à minima par :

● la configuration avancée des sources de données ;

● le développement de web services ou de workflow complexes ;

● l’intégration front-end qui, au-delà des templates assez basiques, permet de réellement personnaliser l’expérience des utilisateurs.

Le développeur codeur n’est pas mort !
Il fait simplement beaucoup plus que du code : il communique, il forme, il évangélise, il diffuse l’innovation et fait évoluer les composants à mettre à disposition des constructeurs d’applications.

Les Citizen developers sont peut-être finalement les nouveaux clients des développeurs  

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